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Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor, la série qui mérite d’être redécouverte – Dossier Série


La série Terminator n’a duré que deux saisons et a été oubliée, mais la sortie de Dark Fate rappelle qu’elle mérite mieux.

Alors que Sarah Connor a été ramenée d’entre les morts pour Terminator : Dark Fate, pour un résultat qui a de quoi diviser le public et enterrer la franchise vu le démarrage au box-office, l’heure de reparler de la série Terminator : Les chroniques de Sarah Connor est venu.

Avant que sa collègue de Game of Thrones Emilia Clarke ne prenne le rôle dans Terminator : Genisys, Lena Headey incarnait Sarah Connor face à Thomas Dekker en John Connor et Summer Glau en Terminator protectrice. Créée par Josh Friedman, la série n’a duré que deux saisons sur la Fox, connue pour mettre des bâtons dans les roues des scénaristes.

Et malgré leurs défauts évidents, ces Chroniques de Terminator méritent d’être redécouvertes. Attention quelques spoilers !

 

photo, Thomas Dekker, Lena HeadeySarah et John Connor version série

 

PRÉ-RENAISSANCE 

Quand une série Terminator est annoncée en 2005, Terminator 3 : Le soulèvement des Machines a eu un certain succès en salles quelques années plus tôt (plus de 433 millions pour un budget officiel de 150). Andrew G. Vajna et Mario Kassar possèdent encore les droits de la franchise, Terminator : Renaissance n’arrivera qu’en 2009, et la situation est plus simple.

Terminator : Les chroniques de Sarah Connor a ainsi une valeur particulière, puisque c’est le premier rétropédalage dans la mythologie. L’histoire prend place après Terminator 2 : Le Jugement dernier, et décide que Terminator 3 a eu lieu dans une autre timeline. Pourquoi ? Pour avoir une Sarah Connor vivante, et non plus emportée par une leucémie, comme annoncée dans le troisième épisode.

Le duo de producteurs Andrew G. Vajna et Mario Kassar décline donc la saga en série, en association avec Warner Bros. Television et la chaîne Fox. Le choix de Josh Friedman pour chapeauter le projet est inspiré : c’est un scénariste en vue, qui a travaillé coup sur coup avec Brian De Palma et Steven Spielberg sur Le Dahlia noir et La Guerre des mondes. Et depuis, c’est encore plus pertinent puisqu’il est crédité sur l’histoire de Terminator : Dark Fate, et a travaillé sur le scénario d’Avatar 2, de James Cameron. Il a donc une place dans la galaxie Terminator, de près ou de loin.

 

photo, Thomas Dekker L’équipe de la série

 

DEMAIN NE MEURT JAMAIS  

Terminator : Les chroniques de Sarah Connor commence par un cauchemar qui deviendra réalité dans Dark Fate : la mort de John Connor, retrouvé et tué par un Terminator, sous les yeux impuissants de sa mère. C’est l’épée de Damoclès qui pèse sur Sarah Connor, mais c’est malgré ça qu’elle a réussi à construire un semblant de vie sous une fausse identité, en couple avec un homme qui ignore tout d’elle et son fils. Redevenue serveuse, elle a déposé ses armes pour disparaître parmi les citoyens, espérant échapper à Skynet et ses sbires. Mais impossible d’oublier la guerre passée et future : Sarah fuit avec son fils, convaincue que c’est la seule solution pour vraiment survivre.

Nous sommes en août 1999 et Sarah Connor est poursuivie par la police pour le meurtre de Miles Dyson, le scientifique de Terminator 2 : Le Jugement dernier qui s’est sacrifié pour empêcher Skynet de naître. Réapparue sur les radars suite à cette énième fuite, elle recroise la route de non pas un Terminator, mais deux : l’un est venu abattre son fils et l’autre, pour le protéger. Ce dernier a l’apparence d’une jeune fille nommée Cameron (hommage à James).  

 

photo, Summer GlauMon amie Cameron

 

C’est elle qui balance l’incontournable “Come with me if you want to live”, et lance véritablement l’intrigue. Quelqu’un d’autre que Dyson construira Skynet et pour l’éviter, le trio va dans le futur, et débarque en plein milieu d’une autoroute. Oui, comme Terminator : Genisys.

La suite verra Sarah, John et Cameron pister Skynet et rencontrer un paquet de monde venu du futur pour les aider-trahir-occuper. En vrac : Derek Reese, grand frère de Kyle et oncle de John ; Riley, une résistante envoyée pour freiner la relation entre John et Cameron ; et Jesse, qui a envoyé Riley dans le passé, et est prête à tout pour empêcher John de s’attacher à Cameron.

Il y a aussi Catherine Weaver, une T-1000 devenue PDG sous couverture d’une entreprise spécialisée dans la haute technologie, et qui semble préparer une guerre tout en étant, elle aussi, une ennemie de Skynet et ses Terminators. Sans oublier le chéri abandonné de Sarah qui découvre qu’elle est là, inchangée, quasi 10 ans après, et continue de l’aider.

 

photoEn route pour le futur

 

ENCORE ET CONNOR 

En deux saisons, Terminator : Les chroniques de Sarah Connor a exploré et lancé beaucoup de pistes. La tentation de complexifier à outrance la mythologie était le risque majeur d’une série, et elle n’y échappe pas – beaucoup de voyages dans le temps et de timelines alternatives évoquées, afin de renouveler l’histoire et les Connor. Feuilletonner un concept si pur et simple à la base, a poussé les scénaristes à créer un sacré bordel autour de Sarah et John, quitte à donner une équation de plus en plus grotesque.

Autre problème attendu : le budget limité. Aucun mot officiel sur le coût d’un épisode, mais difficile d’imaginer que c’était plus de 2 ou 3 millions, hormis peut-être pour le pilote. D’ailleurs, le thème culte de Brad Fiedel n’a pas pu être utilisé, car trop cher.

La série limite donc les scènes d’action, les Terminator se résument surtout à des gens stoïques et armés, et Cameron devra se contenter de beaucoup de maquillages de métal sur ses joues. Les combats sont peu enthousiasmants, découpés à la hache, avec des chorégraphies et des décors ordinaires. Et globalement, tout ça a de mauvais airs de série TV, dans le sens péjoratif : mise en scène et photo manquent de personnalité, comme trop de productions de grandes chaînes américaines. Le pilote est d’ailleurs signé David Nutter, nom bien connu sur le petit écran, puisque passé par quantité de séries (Les Soprano, Nip/Tuck, Supernatural, Entourage, Homeland ou encore Game of Thrones).

 

photo, Summer GlauMoment héroïque : casser un faux mur

 

Mais l’intérêt de la série ne se situe clairement pas dans l’action. Josh Friedman l’a assumé dès le lancement : impossible de rivaliser avec les films. Au contraire, Terminator : Les chroniques de Sarah Connor s’intéresse aux choses survolées ou traitées entre deux explosions, à savoir les personnages. Dès le pilote, John s’écroule et affirme à sa mère qu’il n’est pas le messie qu’il est censé devenir, et qu’il ne peut pas mener une armée. “Toi peut-être, mais moi non”. Il n’est qu’un adolescent pris malgré lui dans une spirale prophétique à laquelle il ne croit pas.

Il y a aussi en eux ce désespoir de l’échec, puisqu’après avoir triomphé dans Terminator 2, ils sont condamnés à recommencer, à réessayer de changer le futur, et comprendre.

La série aborde aussi ce lien entre John et les machines, avec la relation de plus en plus sentimentale entre Cameron et lui. Au-delà de la niaiserie relativement bien évitée, c’est un angle que les films n’ont pas traité, et qui a du sens ici sur la longueur.

 

photo, Summer Glau, Thomas DekkerMac-Terminator-Gyver

 

WOMEN OF STEEL

Ce manège fonctionne en grande partie grâce aux talents des acteurs, ou plutôt des actrices, Lena Headey et Summer Glau. L’interprète de Sarah Connor est restée durant huit saisons l’un des visages les plus féroces et fascinants de Game of Thrones, portant ce rôle avec force, précision, et un charisme puissant. Terminator : Les chroniques de Sarah Connor bénéficie de son talent puisqu’en mère courage, elle est excellente.

Ici, il n’y a pas l’argent pour voir Sarah Connor castagner, tirer au lance-roquette ou piquer des sprints vers le climax. Elle redevient donc une femme, et c’est toute sa force tranquille, sa résilience et sa brutalité qui sont explorées épisode après épisode. Le choix de Lena Headey est plus qu’inspiré, et la série prouvait déjà que c’était une talentueuse actrice.

 

photo, Lena HeadeyGame of Metal

 

Pour Summer Glau, c’est plus facile. Josh Friedman l’a castée après l’avoir découverte dans Firefly et lui a offert une partition similaire de femme-enfant-machine à tuer. L’actrice porte solidement ce triple rôle, et apporte une vraie humanité à Cameron.

À noter aussi que Shirley Manson, chanteuse de Garbage catapultée actrice, ici, s’en sort très bien en Terminator ambigüe, et que Brian Austin Green et Leven Rambin sont très solides en arrière-plan. Même chose pour Garret Dillahunt en bad guy.

 

photo, Shirley MansonLes effets spéciaux ne sont pas le point fort de la série

 

LE JUGEMENT DES DENIERS

Lancée en grande pompe, la série a beaucoup attiré l’attention avant de chuter niveau audience. La grève des scénaristes en 2007-2008 a un peu pesé dans son destin, puisque la saison 1 a été réduite de quelques épisodes (9 au lieu de 13), et que la Fox a en plus changé le créneau de diffusion. Dans tous les cas, les audiences moyennes ont été réduites de moitié au fil des épisodes, et Terminator : Les chroniques de Sarah Connor a été annulée. Dollhouse, la série Joss Whedon, aurait été préférée par la Fox – l’ironie étant que Summer Glau y apparaîtra.

Malgré la volonté des fans, et de vagues idées de téléfilm, elle n’a pas été ravivée. Josh Friedman, lui, a juré de ne jamais révéler ses plans pour les saisons suivantes.

 

photoLe Jugement de la Fox venu du ciel

 

Aujourd’hui encore plus qu’hier, vu la tournure de la saga, Terminator : Les chroniques de Sarah Connor mérite d’être réévalué. Avec ses actrices, ses partis pris terriens, et une très belle musique originale de Bear McCreary (l’homme derrière les magnifiques thèmes de Battlestar Galactica), elle a un vrai charme.

À condition d’accepter que la série ne peut et veut pas rivaliser avec les films en termes de spectacle, il y a là une exploration de la mythologie particulièrement intéressante au niveau de John et Sarah Connor. Et c’est peut-être ça la seule issue qui restait à la saga : ne pas chercher la surenchère d’action et d’aventure, mais redescendre au niveau simple des humains derrière les héros.

Et en conclusion, les belles affiches promo de la série – en évitant les posters sexistes ridicules, centrés sur les seins ou les culs.

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Terminator : The Sarah Connor chronicles

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